Mes Mythologies

Un itinéraire à travers les textes, images , œuvres qui m’ont marqué. Au détour d’un clic on découvrira quelques essais de production personnelle.

03 juillet 2006

Sappho

Originaire de l'île de Lesbos, Sappho écrira neuf livres de poèmes, essentiellement consacrés à la beauté des femmes. Elle y manifestera un amour passionné pour les jeunes filles à qui elle enseignera la musique et la danse.

Est-ce cela qui accrédita la légende d'amours homosexuelles qui restent attachées à son nom.

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G MOREAU

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29 mai 2006

Narcisse

Le fleuve béotien Céphise, et la nymphe Léiriopé eurent un fils qu’ils nommèrent Narcisse (Narkissos). Un oracle du devin Tirésias, ayant annoncé que l’enfant vivrait vieux s’il ne prenait pas connaissance de lui, Narcisse fut élevé dans l’ignorance de son image.
À seize ans, Narcisse, qui était d’une grande beauté, fut désiré par nombre de jeunes filles et de jeunes hommes, mais il restait insensible à l’amour. La nymphe Écho en mourut à l’exception de sa voix qui répercute toujours les sons et les paroles à travers les forêts.

Une des victimes de Narcisse formula le vœu qu’à son tour Narcisse aime, mais qu’il ne puisse jamais posséder l’objet de son amour. Némésis, la déesse de la vengeance, exauça ce vœu.
Un jour de grande chaleur, Narcisse, fatigué par la chasse, vint s’étendre près d’une source dans un endroit reculé de la forêt, là même où la nymphe Écho s’était réfugiée. Tandis qu’il tentait de se désaltérer, Narcisse découvrit dans l’eau l’image d’un visage inconnu. Séduit par la beauté de l’inconnu, il en tomba éperdument amoureux.

Désormais insensible au monde, Narcisse fut d’abord plongé dans le ravissement. Puis l’amour se fit cruel puisque les « deux amants », malgré leur désir mutuel, ne pouvaient se rejoindre. C’est alors que Narcisse comprit qu’il brûlait d’amour pour sa propre image. Consumé par son impossible amour, il dépérit peu à peu et mourut sous les yeux de la nymphe Écho, réclamant seulement de ne jamais cesser de contempler ce qu’il ne pouvait posséder.

http://www.ac-creteil.fr/lettres/tice/ovide/narcisse/Narcisse.html

poussin

Poussin

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23 mai 2006

Oulipo

OULIPO ? Qu'est ceci ? Qu'est cela ? Qu'est-ce que OU ? Qu'est-ce que LI ? Qu'est-ce que PO ?
OU c'est OUVROIR, un atelier. Pour fabriquer quoi ? De la LI.
LI c'est la littérature, ce qu'on lit et ce qu'on rature. Quelle sorte de LI ? La LIPO.
PO signifie potentiel. De la littérature en quantité illimitée, potentiellement productible jusqu'à la fin des temps, en quantités énormes, infinies pour toutes fins pratiques.
QUI ? Autrement dit qui est responsable de cette entreprise insensée ? Raymond Queneau, dit RQ, un des pères fondateurs, et François Le Lionnais, dit FLL, co-père et compère fondateur, et premier président du groupe, son Fraisident-Pondateur.
Que font les OULIPIENS, les membres de l'OULIPO (Calvino, Perec, Marcel Duchamp, et autres, mathématiciens et littérateurs, littérateurs-mathématiciens, et mathématiciens-littérateurs) ? Ils travaillent.
Certes, mais à QUOI ? A faire avancer la LIPO.
Certes, mais COMMENT ?
En inventant des contraintes. Des contraintes nouvelles et anciennes, difficiles et moins diiffficiles et trop diiffiiciiiles. La Littérature Oulipienne est une LITTERATURE SOUS CONTRAINTES.
Et un AUTEUR oulipien, c'est quoi ? C'est "un rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir".
Un labyrinthe de quoi ? De mots, de sons, de phrases, de paragraphes, de chapitres, de livres, de bibliothèques, de prose, de poésie, et tout ça...

http://www2.ec-lille.fr/~book/oulipo/info/presentation.shtml

143 cartes postales en couleurs véritables :

http://243postcards.canalblog.com/

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22 mai 2006

Oedipe

Héros thébain, fils de Laios, roi de Thèbes et de Jocaste. Un oracle avait prédit que si Laios avait un fils celui-ci tuerait son père et épouserait sa mère.

Un fils naquit; aussitôt Laios le fit exposer sur le Cithéron. Des pâtres le trouvèrent et comme il avait les pieds enflés par les cordes dont on les avait serrés, ils le nommèrent Oedipe (du grec odein, être enflé, et pous pied). Ils le portèrent à Polybe, roi de Corinthe, qui l'éleva comme son fils. Oedipe, devenu grand alla, pour éclaircir le mystère de sa naissance, consulter l'oracle de Delphes, qui lui conseilla de ne pas retourner dans son pays, sous peine de tuer son père et d'épouser sa mère. Pour fuir Corinthe, Oedipe prit le chemin de la Béotie A un croisement de routes, il rencontra un vieillard, se prit de querelle avec lui et le tua c'était Laios.

Près de Thèbes, Oedipe se trouva en face du Sphinx qui soumettait aux passants des énigmes et dévorait quiconque ne pouvait les résoudre. Oedipe devina les énigmes du monstre; il fut proclamé roi de Thèbes, et épousa Jocaste. Une peste survint; l'oracle ordonna d'expulser le meurtrier de Laios. Oedipe lança d'avance de terribles imprécations contre le meurtrier inconnu. Il découvrit peu à peu le terrible secret de sa naissance. De désespoir Jocaste se pendit, et Oedipe se creva les yeux.

D'après la tradition homérique, Oedipe resta roi de Thèbes et il mourut à la guerre.

D'après une autre version, il fut chassé par ses fils et par Créon; conduit par sa fille Antigone il se réfugia en Attique.
Suivant une autre légende il fut emprisonné à Thèbes par ses fils Etéocle et Polynice et les maudit: d'où la querelle des deux frères et leur mort. Créon devint roi et chassa Oedipe, qui demanda l'hospitalité à Athènes. A Colone, il entra dans le bois des
Euménides, où il disparut.

http://grenier2clio.free.fr/grec/oedipe.htm

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Ingres

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17 mai 2006

SISYPHE

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Sisyphe par Von Stuck

Dans la mythologie grecque, Sisyphe (en grec ancien Σίσυφος / Sísuphos) est le fils d'Éole (le fils d'Hellen) et d'Énarété, et le fondateur mythique de Corinthe.

Sisyphe est connu surtout pour s'être montré assez malin pour déjouer la Mort elle-même. Quand son heure fut venue et qu'elle vint pour le chercher, il l'enchaîna de sorte qu'elle ne put l'emporter aux Enfers. S'apercevant que personne ne mourait, Zeus envoya Arès délivrer la Mort. Mais Sisyphe n'avait pas qu'un seul tour dans son sac et il avait préalablement instruit son épouse de ne pas lui faire de funérailles adéquates. Ainsi, il put convaincre Hadès de le laisser repartir chez les vivants pour régler ce problème. Une fois revenu à Corinthe, il refusa de retourner parmi les morts. La Mort (ou même Hermès, selon certaines traditions) dut venir le chercher de force.

Pour avoir osé défier les dieux, Sisyphe fut condamné à rouler éternellement une pierre jusqu'en haut d'une colline alors qu'elle redescendait chaque fois avant de parvenir à son sommet, tel que raconté dans l'Odyssée. Toutefois, Homère ne faisait pas mention de la raison de ce châtiment. Certaines traditions justifient cette punition par la réputation de brigand et de malfaiteur que Sisyphe avait acquise de son vivant.

Wikipédia

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ALBERT CAMUS, Le Mythe de Sisyphe.

Il faut imaginer Sisyphe heureux. 

Tout au bout de ce long effort mesuré par l'espace sans ciel et le temps sans profondeur, le but est atteint. Sisyphe regarde alors la pierre dévaler en quelques instants vers ce monde inférieur d'où il faudra la remonter vers les sommets. Il redescend dans la plaine.

C'est pendant ce retour, cette pause, que Sisyphe m'intéresse. Un visage qui peine si près des pierres est déjà pierre luimême. Je vois cet homme redescendre d'un pas lourd mais égal vers le tourment dont il ne connaîtra pas la fin. Cette heure qui est comme une respiration et qui revient aussi sûrement que son malheur, cette heure est celle de la conscience. A chacun de ces instants, où il quitte les sommets et s'enfonce peu à peu vers les tanières des dieux, il est supérieur à son destin. Il est plus fort que son rocher.

Si ce mythe est tragique, c'est que son héros est conscient. Où serait en effet sa peine, si à chaque pas l'espoir de réussir le soutenait ? L'ouvrier d'aujourd'hui travaille, tous les jours de sa vie, aux mêmes tâches et ce destin n'est pas moins absurde. Mais il n'est tragique qu'aux rares moments où il devient conscient. Sisyphe, prolétaire des dieux, impuissant et révolté, connaît toute l'étendue de sa misérable condition : c'est à elle qu'il pense pendant sa descente. La clairvoyance qui devait faire son tourment consomme du même coup sa victoire. Il n'est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris.

Si la descente ainsi se fait certains jours dans la douleur, elle peut se faire aussi dans la joie. Ce mot n'est pas de trop. J'imagine encore Sisyphe revenant vers son rocher, et la douleur était au début. Quand les images de la terre tiennent trop fort au souvenir, quand l'appel du bonheur se fait trop pressant, il arrive que la tristesse se lève au cœur de l'homme : c'est la victoire du rocher, c'est le rocher luimême. Ce sont nos nuits de Gethsémani. Mais les vérités écrasantes périssent d'être reconnues. Ainsi, Œdipe obéit d'abord au destin sans le savoir. A partir du moment où il sait, sa tragédie commence. Mais dans le même instant, aveugle et désespéré, il reconnaît que le seul lien qui le rattache au monde, c'est la main fraîche d'une jeune fille. Une parole démesurée retentit alors : " Malgré tant d'épreuves, mon âge avancé et la grandeur de mon âme me font juger que tout est bien. " L'Œdipe de Sophocle, comme le Kirilov de Dostoïevsky, donne ainsi la formule de la victoire absurde. La sagesse antique rejoint l'héroïsme moderne.

On ne découvre pas l'absurde sans être tenté d'écrire quelque manuel du bonheur. " Eh ! quoi, par des voies si étroites... ? " Mais il n'y a qu'un monde. Le bonheur et l'absurde sont deux fils de la même terre. Ils sont inséparables. L'erreur serait de dire que le bonheur naît forcément de la découverte absurde. Il arrive aussi bien que le sentiment de l'absurde naisse du bonheur. " Je juge que tout est bien ", dit Œdipe, et cette parole est sacrée. Elle retentit dans l'univers farouche et limité de l'homme. Elle enseigne que tout n'est pas, n'a pas été épuisé. Elle chasse de ce monde un dieu qui y était entré avec l'insatisfaction et le goût des douleurs inutiles. Elle fait du destin une affaire d'homme, qui doit être réglée entre les hommes.

Toute la joie silencieuse de Sisyphe est là. Son destin lui appartient. Son rocher est sa chose. De même, l'homme absurde, quand il contemple son tourment, fait taire toutes les idoles. Dans l'univers soudain rendu à son silence, les mille petites voix émerveillées de la terre s'élèvent. Appels inconscients et secrets, invitations de tous les visages, ils sont l'envers nécessaire et le prix de la victoire. Il n'y a pas de soleil sans ombre, et il faut connaître la nuit.

L'homme absurde dit oui et son effort n'aura plus de cesse. S'il y a un destin personnel, il n'y a point de destinée supérieure ou du moins il n'en est qu'une dont il juge qu'elle est fatale et méprisable. Pour le reste, il se sait le maître de ses jours. A cet instant subtil où l'homme se retourne sur sa vie, Sisyphe, revenant vers son rocher, contemple cette suite d'actions sans lien qui devient son destin, créé par lui, uni sous le regard de sa mémoire et bientôt scellé par sa mort. Ainsi, persuadé de l'origine tout humaine de tout ce qui est humain, aveugle qui désire voir et qui sait que la nuit n'a pas de fin, il est toujours en marche. Le rocher roule encore.

Je laisse Sisyphe au bas de la montagne ! On retrouve toujours son fardeau. Mais Sisyphe enseigne la fidélité supérieure qui nie les dieux et soulève les rochers. Lui aussi juge que tout est bien. Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni fertile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.

Le Mythe de Sisyphe, Gallimard, 1942

Posté par jpcarrier à 19:02 - Mythes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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